Un papillon dans la tête

Un papillon dans la tête

Josselyn Pagliarini
T'es au courant qu'il n'y a que deux à quatre mots par phrase dans les neuf premières pages ? On te dit plein de choses, mais est-ce que tu les écoutes ? En même temps, faut bien avouer qu'on te dit beaucoup de conneries... "Le temps des hommes est révolu". Pourquoi pas... "La boussole lanterne", ça doit être un genre de gps... "Un genre détermine tout" Quel genre ? Sexuel ? Je dirais que je ne suis pas d'accord, genre pas du tout... Mes condoléances pour ta sœur. T'as raison, l'amitié aussi, c'est de la merde. Ce n'est sûrement pas le cas, mais ça donne quand même parfois l'impression de jeter des mots plus ou moins au hasard. Je trouve que ça manque de prises de risque pour l'instant. "Bonheur pour tous" Pour le coup, ce n'est pas un risque, c'est un piège, et ça ne se prend pas à la légère. Et l'endurance au bonheur ? Qui pour définir le bonheur ? Et si l'on n'a pas envie d'être heureux ? Tu parles justement de camisole, le bonheur en est un selon moi, effectivement, puisqu'il "regorge" d'espoirs. "Nous N'EN sommes qu'au début"... petite correction de rien du tout. "Chemin des mots"... Juste des mots, c'est un peu ce que je te reproche. Peut-être parce que je ne partage pas tes combats... Printemps, hiver, à quand été, automne... "accoucheurs de serpents" Mon avatar sur twitter est une vipère, m'est avis que ça ne va pas te plaire. Beaucoup de questions, assez peu de réflexions, j'en ai peur. (Désolé d'être désagréable, c'est dans ma nature. Tu as raison de te méfier des serpents...) "Comprends-moi donc" On ne peut nier un certain élan, mais c'est un peu confus, ça manque de ponctuation aussi. Mais tu as l'excuse d'être incomplète, je te pardonne. ("je pourrais sans doute mieux te comprendre" suivi de "comprendre ma froideur" ..?) "Défilé" Ah bah il pleut maintenant.. "La signification du sentiment d'aimer" Tiens, en voilà une piste de réflexion. "La tristesse du mentir se rit de l'indifférence" un peu comme un clown triste, j'imagine... "Pourras-tu" On arrive à la fin, ça devrait le faire. "La nécessité est dans la tête" et dans l'estomac un peu aussi... Et l'amour, toujours l'amour, encore l'amour, c'est un peu banal tout ça...
Voilà, de rien, désolé d'être un connard. Armonia Zyra
Merci nicolas gugliotta pour votre lecture et votre commentaire. J'allais dire enfin car malheureusement la poésie est, comme on le dit souvent, le parent pauvre de la littérature avec le théâtre entre autre. Pourtant la poésie constitue l'art le plus accessible, le plus ouvert à la créativité. La poésie est partout et nous ne le voyons pas. Vous me faîtes bien trop d'honneur à me comparer avec des génies tels que Aragon (un de mes poètes préférés) Char et Eluard. J'espère que ma modestie n'en souffrira pas trop et que je continuerai à faire preuve d'humilité. J'ai essayé dans ce recueil d'inventer une poésie épurée, spontanée en limitant au maximum l'emploi de l'adjectif ou de l'adverbe afin de donner au lecteur la liberté d'entrer dans le poème sans être orienté, dirigé. Bien à vous Armonia 5 nicolas gugliotta Bonjour, Félicitations pour votre travail, je me délecte de poésie... La vôtre est simple et à la fois complexe dans les styles de René Char, Eluard, Aragon (Poètes surréalistes), intéressant, il y a de nombreuses choses qui vient du cœur, ça se ressent en vous lisant. Bonne Continuation! nicolas Armonia Zyra
Cher Michel CANAL je te remercie pour ce commentaire et cette lecture attentive, précise et intelligente. Tu as bien compris le fil rouge de ce recueil : un chemin d'accomplissement, long et semé d'embûches, de moments d'enthousiasme, de révolte, de déprime et de bonheur sans nom. 5 Michel CANAL Chère Armonia Zyra, je suis en mesure de donner un avis (si tant est qu'il soit possible d'être pertinent dans un commentaire relatif à l'expression d'écrits "inspirés", donc pas forcément maîtrisés, que l'auteur lui-même serait incapable de réécrire). Je retiendrai surtout deux éléments qui sautent aux yeux du lecteur averti : la spontanéité de l'écriture et sa richesse de vocabulaire (avec des mots que tu n'utilises probablement jamais, qui ont jailli de ton inconscient). Le grand virage se situe à la page 90 lorsque tu affirmes : "Je suis !" Ce poème est relatif au chemin d'accomplissement que chacun, homme ou femme est libre de choisir. Tu écris : "Aujourd'hui, j'ai choisi le mien. Je serai donc ce que je suis... Je suis même mais autre... Je suis ce que j'ai toujours été... Je suis ce que je serai toujours... Je suis..." Tu l'avais laissé entendre à la page 76 sous le titre : "Transition". Tu y évoquais le difficile chemin vers la transition : Tortueux... Impasses... Prison... Fuite... Choix et peur... Impossible normalité... douleur..." et renforçais ce sentiment page 77 sous le titre "Je n'en peux". Une longue énumération de difficultés que tu subissais. Au fil des pages, on suit tes états d'âme, passant par des phases de volonté, d'optimisme (Fierté... Jamais plus je ne me tairai... Il faudra... Renouveau... Ne lâchons rien...), ou au contraire de déception, de renoncement parfois (Fatigue... Page blanche... Epreuves... Mon coeur est sec ce soir... est vide... est dur... est vain... est exsangue... est en pleur... est en berne... Espoir d'un possible...). Tu fais une analyse approfondie à la page 153 sous le titre : "Hippocrate" (une belle page criante de vérité). Le poème de la page 159 (adressé à Petit père et à petite mère qui n'avaient su te comprendre mais que tu aimes malgré tout) est émouvant. Dans ta maxime 17, tu dis une chose qui n'a pas été toujours facile à assumer dans ton cas : "La féminité ne se définit pas, elle se vit !" On pourrait la rapprocher (ou l'opposer, c'est selon) du point de vue de Simone de Beauvoir : "On ne naît pas femme, on le devient." Enfin, page 175, c'est "Accomplissement" : "S'ouvrent les portes... S'accomplissent les rêves... Le longtemps refoulé... Emerge... Surgit... Explose... Exulte..." et page 177, "Un petit air" : La môme danse... La môme s'esclaffe... La môme s'habille... La môme jubile...". Tu termines sur : "Je ne transigerai plus... Je n'en ai plus la force". L'essentiel est que tu te sois accomplie, que tu aies franchi tous les obstacles qui se sont dressés sur ta route. J'espère t'avoir bien comprise, chère amie, et que mon commentaire soit à la mesure de ton attente. Avec toute ma sympathie. Michel Armonia Zyra
Comme tu as raison Michel CANAL. L'écriture est un acte de création total qui mobilise tout notre être : notre raison, notre sensibilité, notre inconscient, notre culture, notre histoire, notre spiritualité et notre environnement sensible et insensible. Il ne faudrait pas en avoir peur. C'est pourtant bien cela qui empêche certaines personnes de se laisser aller, de lâcher prise. L'angoisse de la page blanche a pour origine cette peur de ne pas savoir, de se tromper, de n'être pas capable, de mettre à nu. L'enfant n'éprouve pas ces inhibitions et s'exprime plus facilement au travers de la poésie. La poésie est un art enfantin. Ce n'est pas péjoratif. Au contraire. C'est l'enfance de l'art. L'école malheureusement ne permet pas. Elle relègue l'expression artistique au rang des matières mineures ou inutiles alors qu'elle devrait être au centre de l'éducation. L'école mutile et construit des individus bancals, refoulés, incomplets. C'est l'art qui m'a sauvée. Je ne saurais trop conseiller de libérer sa créativité, de se reconnecter à soi et au monde dans toute sa complexité, dans toutes ses dimensions. Qu'importe les résultats. Abattons les frontières de l'esprit et le culte de la performance. Chacun devrait avoir le droit de dire, de s'exprimer. C'est vital ! Michel CANAL
Oui Armonia Zyra, tu as parfaitement répondu à mes questions. En conclusion, il est aisé de comprendre que les mots inspirés sont censés produire de meilleurs poèmes (puisqu'il s'agit ici de poèmes). Le mystère du "passage" reste l'élément important qui mériterait d'être analysé pour essayer d'en déterminer la source. En fait, c'est l'illustration qu'il existe deux mondes : notre monde visible, matérialisé, et le monde invisible mais omniprésent, connu de certains, conscients de l'aide qu'ils en retirent sans être pour autant des médiums. (Vois le livre de ValeriAnne et mes commentaires à ce sujet) C'est sans doute pareil pour la prose (au moins pour le premier jet, donc avant relectures et corrections). J'ai jeté un rapide coup d'œil sur Chemins... j'aime moins la présentation. Ces renseignements me seront utiles pour apprécier le contexte de l'écriture. Moralité : l'écriture doit être spontanée. Amitiés. Michel Armonia Zyra
Cher Michel CANAL, merci pour ton commentaire. Tes questions sont pertinentes et brassent beaucoup de problématiques qui ont trait à ma relation à l'écriture et à l'écrit, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Concernant l'écriture. Ces poèmes et beaucoup d'autres que vous trouverez dans Chemins... répondaient à un défi un peu absurde que je m'étais lancé en septembre 2011 : écrire un poème chaque jour pendant un an. Il constituaient donc une sorte de course de fond, un marathon de l'écriture. Je ne l'ai malheureusement pas menée à son terme puisque je me suis arrêtée au 262ème poème. Cela dit, ce travail de longue haleine , c'est le cas de le dire, s'est télescopé avec une autre aventure : ma transition. Ainsi, dans un premier temps j'avais intitulé ce recueil "Journal poétique d'une trans" car le titre de chaque poème était la date du jour et qu'il correspondait, pour une part importante, à une période cruciale de ma vie. Puis je l'ai scindé en deux car je voulais rassembler dans un même ensemble les poèmes qui étaient en lien direct avec l'écriture de mon récit autobiographique "Je suis une poupée gigogne". Ils en seraient alors le pendant poétique, les photographies journalières et instantanées de mes états d'âmes. J'ai intitulé ce recueil "Un papillon dans la tête" reprenant la symbolique du papillon et j'ai donné à chaque poème un titre évocateur. Le reste des poèmes un peu disparates, je les ai rassemblés dans un autre recueil que j'ai intitulé "Chemins…" découpés en trois sous chapitres "paysages, territoires et horizons". Concernant l'écrit. Lorsque j'écris un poème, bien souvent, je ne maîtrise rien ou quasiment rien. Les mots me viennent à l'esprit dans un lâché prise total. Je n'en suis alors que la passeuse et tu as raison de parler d'"écriture inspirée". Parfois des mots qui transitent par le truchement de mon intellect, je ne les connais même pas et je dois en vérifier le sens dans un dictionnaire. Parfois, ils n'existent pas mais je les laisse tel quels. C'est une sensation étrange et dérangeante comme si j'étais la réceptrice d'une voix qui n'est pas la mienne. C'est une sorte de transe, sans jeu de mots, poétique. Lorsque je me laisse aller à cette transe, j'écris les plus beaux poèmes. Si je tente de maîtriser les choses, le mystère s'estompe, la magie n'opère plus et ma plume s'assèche, devient convenue où rationnelle. Aussi, lorsque bien des années plus tard, je relis ces poèmes inspirés, je serais bien incapable de dire ce que je ressentais à l'époque. Ils m'apparaissent comme avoir été écrits pas une autre personne. Je suis bien plus une passeuse de mots qu'une auteure. J'espère avoir répondu à tes questions. Michel CANAL
Juste un premier commentaire d'attente Armonia Zyra. J'en ai lu déjà un tiers. La poésie m'interpelle. Ma personnalité ne me permet pas ce que je considère être une facilité, un don... pour être capable, les fesses posées sur un banc dans un square, un siège dans un bus ou une rame de métro, un coin de pelouse dans la nature, un crayon à la main, de le laisser glisser sur un feuillet pour exprimer ce que lui envoie le cerveau. Tout cela me dépasse ! Tout est tellement différent d'une page à l'autre. Alors je ne peux être qu'admiratif. Chaque page pourrait (devrait) faire l'objet d'une analyse psy pour déterminer ce que l'auteur a voulu exprimer dans cet espace-temps. C'est prodigieux... et certainement mystérieux pour le lecteur lambda qui ne connaît pas l'auteur. Un poème me fait penser à une écriture "inspirée", guidée depuis l'au-delà. Comprends, Armonia, dans quel état d'esprit je suis en te lisant. Alors une question me vient à l'esprit : que ressens-tu toi-même en te relisant avec le recul ? Comprends-tu la même chose que celle qui t'a inspirée au moment où tu couchais les mots sur un feuillet dans le contexte du lieu ? Ou bien l'inspiration du moment a-t-elle été emportée par le vent comme une feuille morte ? Vaste débat ? Explication simple ? Au plaisir de te lire. 5 Gaby Chantrie La manière dont vous écrivez semble facile. C’est simple et beau. Plus doux que la révolte. Plus fort que les cris

Un papillon dans la tête Epub

Liens de téléchargement:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *